> Travaux et publications > Ouvrages ADBS'; $chemin = '../../site/'; include($chemin.'config.inc.php'); ?> L'analyse documentaire : une approche méthodologique
Ouvrages ADBS
 
L'analyse documentaire : une approche méthodologique

 

par Suzanne Waller,
en collaboration avec Claudine Masse

SOMMAIRE

Avant-propos

Introduction

1 - L'analyse documentaire : définition et pratiques

11 - Qu'est-ce qu'analyser ?

12 - Qu'est-ce que l'analyse documentaire ?

13 - Pratiques de l'analyse dans le cadre des opérations documentaires

14 - Analyse et politique documentaire

141 - Finalité de l'analyse documentaire

142 - Destinataires de l'analyse documentaire

143 - Les produits de l'analyse documentaire

144 - Le fonds documentaire

144.1 - Comment l'établir et l'alimenter ?

144.2 - Comment le sélectionner ?

145 - Les moyens du Service

145.1 - Les moyens matériels

145.2 - Les moyens intellectuels

2 - La lecture documentaire : lire et observer

21 - Les conditions de la lecture documentaire

211 - Se concentrer et en trouver les moyens

212 - Connaître ses limites

213 - Organiser sa lecture

22 - Petit détour par la " lecture rapide "

23 - Observer avant de lire

231 - Observer un document

231.1 - la typologie

231.2 - les caractéristiques

232 - Observer la mise en page : le repérage visuel

3 - La lecture documentaire : lire et comprendre

31 - Les textes et leurs caractéristiques

311 - Le texte descriptif

312 - Le texte problématique

313 - Le texte théorique

314 - Caractères général et spécifique

32 - Les textes et leur contenu

321 - La compréhension du contenu

322 - L'usage de contenu, ou " à la recherche de l'information documentaire "

33 - Comment lire ?

331 - La lecture documentaire d'un article

332 - La lecture documentaire d'une monographie

333 - Les hypothèses de lecture

4 - La lecture documentaire : structure et vocabulaire

41 - Comment trouver l'information utile ? - à la recherche d'un plan

42 - L'élaboration de grilles de lecture

421 - Grille de lecture pour un texte descriptif

422 - Grille de lecture pour un texte problématique

423 - Grille de lecture standard

43 - Comment trouver l'information utile ? - l'aide du vocabulaire

431 - Les mots d'articulation

432 - La nature des mots

433 - La richesse des mots : polysémie, monosémie

434 - La richesse des mots : dénotation, connotation

5 - Analyse documentaire et recherche documentaire

51 - La recherche documentaire

511 - La place de l'utilisateur dans le processus de la recherche documentaire

512 - Qui est le demandeur

513 - Quelles sont les données du problème

514 - Quelle est la forme du questionnement

515 - Quel est le niveau de questionnement

516 - Quelle est la limite de la recherche documentaire

52 - Place de l'analyse documentaire dans les banques de données

521 - Les champs des banques de données

522 - Les champs de contenu

523 - Complémentarité des champs de contenu

53 - Aspects techniques de la recherche documentaire informatisée

531 - Les opérateurs booléens

532 - Bruit et silence

54 - La recherche documentaire en texte intégral

541 - Recherche sur fichier inverse

542 - Recherche par l'intermédiaire d'outils linguistiques

55 - La recherche d'informations sur Internet

551 - Les moteurs de recherche

552 - Les annuaires

6 - Le résumé documentaire

61 - Définition

62 - Usages et usagers

621 - alimentation d'une mémoire documentaire

622 - accompagnement de références dans les bulletins bibliographiques

623 - accompagnement de références dans la partie bibliographique de revues générales ou spécialisées

624 - autres usages

63 - Les différentes formes de résumés

631 - le titre

632 - le résumé d'auteur

633 - le résumé d'éditeur

634 - le compte-rendu ou analyse critique

635 - le digest

636 - l'extrait

637 - la contraction de texte

64 - Les résumés documentaires

65 - Le rôle du résumé documentaire dans une banque de données

66 - Comment faire un résumé documentaire

661 - compréhension

662 - sélection

663 - construction

664 - rédaction

664.1 - style télégraphique

664.2 - style rédigé

664.3 - présentation formelle

664.4 - derniers conseils …

7 - L'indexation

71 - Qu'est-ce qu'indexer ?

72 - Usage et applications

73 - Rôle de l'indexation dans les banques de données

74 - Comment indexer ?

741 - Éliminer, comment ?

742 - Choisir, pourquoi ?

743 - Les différents champs d'indexation

744 - Exhaustivité ? Sélectivité ?

75 - Comment évaluer l'indexation ?

751 - Qualités de l'indexeur

752 - Qualités des outils

753 - Les tests possibles

754 - La surindexation et ses conséquences

76 - L'indexation en 10 conseils

8 - Les langages documentaires

81 - Un peu d'histoire

82 - Les autorités

821 - Les autorités officielles

822 - Les autorités propres à des besoins spécifiques

823 - Méconnaissance ou réticence

83 - Les langages documentaires

831 - Définition

832 - Les obstacles dus à la langue

833 - Usages et difficultés d'usage

832 - Typologie des langages documentaires

84 - Les langages documentaires de type classificatoire

841 - Principes de base

842 - Application pour le classement

843 - Application pour l'analyse

844 - Application pour la recherche

85 - Les langages documentaires de type combinatoire

851 - Les lexiques : les listes de vedettes-matières

851.1 - Principes de base

851.2 - Application pour l'indexation

851.3 - Application pour la recherche

852 - Les lexiques spécialisés

852.1 - Application pour l'indexation

852.2 - Application pour la recherche

853 - Le thesaurus

853.1 - Principes de base

853.2 - Les relations

853.3 - Les notes

853.4 - Les différents modes d'entrée

853.5 - Maintenance du thesaurus

853.6 - Application pour l'indexation

853.7 - Application pour la recherche

85 - Compatibilité des langages d'indexation

86 - Quel avenir pour les langages documentaires ?

Conclusion

Annexes

1 - Textes et articles

2 - Commentaires et propositions de corrections des exercices

Bibliographie

 

AVANT-PROPOS
(Extrait)

A la fin des années 1970, l'ADBS intégra à son programme de formation un stage sur l'" Analyse documentaire " sans qu'il y ait eu alors une véritable étude de besoins. Il faut croire que l'intuition était juste puisque ce stage perdure encore. Dès le début, cette formation a été conçue dans une perspective méthodologique, de façon à dépasser les modes et l'évolution des techniques. Tout en évoluant d'année en année, la structure du stage a été enrichie, sans vraiment être fondamentalement modifiée. En 1996, une capitalisation pédagogique en a été réalisée et déposée à l'ADBS ; c'est cette capitalisation qui est à l'origine de cet ouvrage, conçu d'abord comme un guide à l'usage des formateurs.

Plusieurs avis, et l'assistance plus qu'efficace de Claudine Masse, m'ont poussée à approfondir certains aspects et à introduire des éléments de réflexion qui sous-tendaient la formation, sans être tout à fait exprimés. J'ai beaucoup hésité avant d'entreprendre ce travail. En effet, comment parler d'analyse documentaire à l'heure d'Internet ? Quelle vision passéiste pousserait des auteurs, un éditeur, à publier un ouvrage que le plus grand nombre des éventuels lecteurs estimerait dépassé ? Est-ce inconscience ou provocation ? ou naïveté si profonde qu'on le jugera avec une indulgente condescendance… Quelques raisons pourtant peuvent justifier l'existence de cet ouvrage.

Même si leur nombre décroît, il existe encore des services de documentation n'ayant pas accès aux outils les plus modernes ; l’analyse documentaire reste donc une pratique courante et nécessaire.

En documentation, on utilise un certain nombre de concepts sans trop les définir et les opérations qui en découlent en souffrent, par manque d'approfondissement : " …le développement de la science de l'information a longtemps reposé sur des concepts ambigus, polyvalents, à la transparence trompeuse… ". Si les chercheurs ont le souci du terme juste, qu'en est-il dans la vie professionnelle ? Quel dialogue peut s'instaurer entre usager et documentaliste lorsque chacun attribue un sens différent au même vocable ? Y a-t-il, y compris dans l'enseignement et la formation, une prise en compte suffisante de la réalité d'un concept ? Quel(s) sens donner au mot " information " ? Qu'entend-on par " recherche " ? Que veut-on dire par " survol ", " lecture en diagonale ", et qu'est-ce que l'étudiant fait quand on lui demande de rédiger une " fiche de lecture " ?

La vie professionnelle n’est pas assujettie à la seule technologie. Si les services de documentation sont de mieux en mieux équipés, n’est-il pas nécessaire de maîtriser l’information en amont des machines, ainsi que le rappelait récemment l'Unesco : " …avant d'investir dans les moyens techniques, il importe de comprendre les flux et les besoins d'information […] la technologie a rarement réponse à tout. Une bonne gestion de l'information exige que le personnel comprenne ce qu'est l'information, comment elle peut être recueillie, traitée et employée à telle ou telle fin. [L’émergence des industries de l'information] a donné naissance à une nouvelle catégorie de professionnels de l'information, à savoir les chercheurs et les analystes de l'information " .

Dans la pratique professionnelle, en admettant qu'il n'y ait plus, à court ou moyen terme, d'analyse de textes en amont, il y aura toujours une analyse des questions, trop souvent éludée au bénéfice des outils permettant d'y répondre.

La numérisation n’est pas appliquée à toute la production imprimée. " Pendant quelques années encore et beaucoup plus suivant les domaines, les mondes du document numérique et du document papier vont coexister. Tout ce qui a été imprimé ne sera pas numérisé. Pour l’utilisateur, le support n’importe généralement pas. Ce qu’il désire, c’est un texte validé et disponible facilement […] Les bibliothèques et centres de documentation doivent rester, à travers leurs sites web, des lieux de médiation de la connaissance et des sources d’information pertinentes ". Pour assurer la médiation de la connaissance et rester performant dans un univers de plus en plus techniciste, il n’est pas inutile de revoir les techniques classiques à la lumière des nouvelles.

Ces techniques classiques ont elles-mêmes besoin d’être dépoussiérées, car beaucoup d’idées fausses entourent l’analyse documentaire, à commencer par la représentation qu’on s’en fait sous la forme du résumé. Ce manuel a donc l’ambition d’éclairer ce qu’est vraiment l'opération " analyse documentaire " toujours liée à sa finalité : la recherche documentaire. Qu’en est-il donc de la recherche à travers les nouvelles technologies ?

Si l’on compare les accès aux banques de données classiques et les pages d’accueil d’Internet, celles-ci brillent et séduisent ; la navigation entre les écrans est rapide, simple, conviviale. Quelques décideurs pressés en déduisent qu’il n’y a plus besoin de banques de données, de services de documentation, encore moins de documentalistes, puisqu’il suffit de cliquer. Or, " Internet est le contraire d’une banque de données documentaire, dans la mesure où son objectif est de diffuser et d’échanger de l’information - et non de la chercher. Internet n’est pas une bibliothèque, c’est un kiosque à journaux amélioré ! "

Source ininterrompue de renseignements de toute espèce, Internet souffre, aux yeux du chercheur des deux obstacles principaux à la recherche documentaire :
- le bruit car la multiplicité des réponses ne correspond pas toujours, ni précisément à la question posée
- le silence dans la mesure où il est impossible de savoir si le document le plus pertinent est inaccessible, ou inexistant.

" Utiliser des moteurs de recherche et autres index thématiques satisfait parfois notre demande mais leurs réponses nous noient souvent sous un grand nombre de pages ou de sites web dont nous ne sommes généralement pas en mesure de connaître la validité. A une époque où le temps semble si précieux, ne serait-il pas préférable de privilégier la logique qualitative à la logique quantitative ? "

Que l’on ne se méprenne pas : notre propos n'est pas de sous-estimer Internet, moyen sans égal de communication mondiale. Cet ouvrage n'a pas d'autre ambition que de clarifier la place, l’intérêt et les limites des opérations documentaires, spécifiquement l’analyse, en tant que point de départ de la recherche documentaire. L’un de ses objectifs est de rappeler à quel point la qualité du traitement documentaire est la première valeur ajoutée que l’on attend des documentalistes. Les études actuelles sur la recherche documentaire, le plus souvent orientée vers les sources électroniques, portent aussi sur le traitement de ces sources - et pas seulement sous l’angle technique. Les travaux de l’International Society for Knowledge Organization en témoignent de façon exceptionnelle, car ils cherchent à allier les deux approches : " Very central in this reorientation in information science are both a new focus on meaning and a new focus on the social environment of both users and systems " . D’autres articles récents prouvent, s’il en était besoin, l’importance de la réflexion face aux changements qui modifient considérablement nos modes de fonctionnement.

La deuxième conférence du chapitre français de l'ISKO a pour thème " L'indexation et les métadonnées à l'ère d'Internet ". L'appel aux communications assure que " …l'indexation reste un des domaines les plus actifs en recherche d'informations. Avec l'introduction d'Internet, ce champ est appelé à se renouveler. L'abondance de documents disponibles conduit à la fois à l'impossibilité d'une indexation autre qu'automatique et à la nécessité d'un outil puissant de sélection de l'information ". En attendant que la recherche, dont on ne peut que souhaiter le développement, aboutisse à des résultats applicables, il n'est pas inutile de réfléchir à des pratiques abolies pour certains, mais utiles à d'autres pour quelques années encore.

Ce manuel a été conçu et il est présenté comme un simple outil pédagogique propre à initier, former des étudiants ou des débutants dans la fonction, en leur apportant quelques connaissances et une méthodologie. En cherchant à approfondir la pratique professionnelle, il propose quelques pistes de réflexion pour les enseignants, les formateurs, les responsables de service de documentation et d'information.

La forme pédagogique étant privilégiée, on y trouvera une alternance d'apports théoriques et d'exercices pratiques. Les propositions de correction et les commentaires sur les exercices, placés en fin de volume, ne prétendent pas répondre à toutes les questions. L'analyse documentaire n'est pas une science exacte… Pour garder une certaine cohérence, certains développements, comme ceux concernant les sciences cognitives, n'ont pas été abordés. De même, il n'est pas question de l'analyse des images fixes ou animées, car ce sujet exige un autre manuel, rédigé par une meilleure compétence.

S. W.

INTRODUCTION
(Extrait)

" - Dans notre service, nous ne faisons plus d'analyse car cela coûte trop cher - mais nous indexons tous nos documents.
- Et vous indexez comment ?
- Eh bien, c'est classique, nous avons un thesaurus (ou une liste de mots-clés, un index, un langage documentaire…) et nous choisissons les mots caractéristiques du contenu…
- Et comment se passe la recherche ?
- Oh cela, vous savez bien que cela ne va jamais tout seul ; mais c'est normal, tout le monde en est là … "

Combien de fois n'avons-nous pas entendu ces propos, de la bouche même de professionnels résignés à l'insuffisance de leurs résultats. Lorsqu'ils sont confrontés à des audits d'analyse de la valeur, les documentalistes découvrent le déséquilibre entre les fonctions techniques et les fonctions de production, c'est-à-dire entre le temps passé à fabriquer l'outil de production et ce qui en découle : des effets médiocres, des insatisfactions et, finalement un certain fatalisme : c'est ainsi, on ne peut pas faire autrement … Comment en est-on arrivé là ? Ce manuel n'a pas pour vocation de faire l'histoire d'un certain désenchantement, lié à une routine qui guette tout le monde, et spécialement le monde de la documentation. C'est tellement sécurisant de continuer comme on a toujours fait. Petit à petit, le document à traiter devient la finalité du travail et l'on oublie tout aussi graduellement à qui, à quoi ce travail va servir.

Ce manuel veut servir à rétablir quelques vérités : l'analyse documentaire, ce n'est pas faire des résumés. L'indexation, ce n'est pas chercher des mots dans un langage documentaire. L'analyse documentaire, c'est l'opération-pivot de la qualité ou de la non-qualité de la recherche documentaire qui en est l'aboutissement. C'est l'opération par laquelle des auteurs vont pouvoir communiquer avec une multitude de lecteurs intéressés, par la transmission de leurs oeuvres. C'est la façon de répondre à la question : qui a pu écrire quoi pour qui ? Et ce quoi n'est pas n'importe quoi ! L'analyse documentaire consiste à extraire d'un texte tout son sens pour le transmettre à qui en a besoin.

Cet ouvrage propose une méthodologie visant à réussir cette transmission en définissant d'abord de quoi l'on parle : qu'est-ce qu'analyser ? et qu'est-ce qu'analyser dans un contexte documentaire ? Quels sont les éléments qui influent sur cette opération ? Une attention particulière sera portée à la connaissance des textes, à leur approche : comment lit-on ? pourquoi lit-on ? comment trouver le sens du texte et les informations que l'on juge utiles ? Peut-on parler d'une lecture documentaire propre à l'usage qui en sera fait ? Comment cette lecture peut aider l'écriture ? Comment, après avoir repéré le sens à transmettre, le formuler soit en résumant, soit en indexant ?

Nous prenons parti pour une réhabilitation du résumé, non pas un résumé long et difficile à écrire, mais un résumé tout simple dont le but est d'aider la sélection au moment de la recherche. L'existence d'un résumé simplifie la formulation de l'indexation, en général surinvestie. Notre souci premier est de situer l'analyse dans la complexité des opérations documentaires, tout en simplifiant son approche ; nous souhaitons ainsi en faciliter l'exercice.

 

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